02.08.2006

Cantarella

Cantarella est un manga de You (parfois orthographié Yuu) Higuri. Cette mangaka est assez populaire au Japon, elle a fait énormément de Shôjo (Seimaden, Cantarella...) ou de manga Yaoi, souvent soft (Gorgeous Carat, Ludwig II...). Elle s'est aussi chargée du chara design du jeux Gakuen Heaven, puis de son adaptation en manga. Cantarella est toujours en cours au Japon. En France, c'est Asuka qui se charge de sa publication.

Résumé : Italie, début du 16ème siècle. Un prêtre amateur de femmes s'apprête à vendre le nouveau-né de l'une de ses maîtresses. Par dépit, elle tente de tuer le nourrisson, mais un incendie se déclare et elle meurt par les flammes alors que son fils est indemne.
Ainsi naît César, élevé par la suite avec une autre maîtresse du père Rodrigo et ses deux enfants, la douce Lucrecia et le violent Juan qui ne facilitera pas la vie de notre jeune héros.
Pourtant, César n'est pas un enfant normal : d'étranges fumées noires semblent le suivre et sa capacité d'apprendre dépasse l'entendement. Plus rien ne semble pouvoir l'atteindre et cette confiance le conduira à accomplir de grandes choses.

Avis : Contrairement à ce que prétendent (ou croient) certains, Cantarella N'EST PAS un Yaoi. Oui il y a des relations ambigues entre personnages de la gente masculine, non ce n'est pas centré que sur ça et ce manga de You Higuri est bien un Shôjo.
L'intrigue se base sur un évènement important ayant amené la fondation de l'Italie, il est d'ailleurs à noter que rares sont les mangaka à dessiner sur l'Histoire européenne. Ici, on parle bien plus de complots et de politique, de guerres et de meurtres, que d'histoire d'amour (même si la romance est présente, en toile de fond, et fait parfois avancer les choses dans certains volumes).
Contrairement à énormément de Shôjo, le personnage principal est un homme : César Borgia. La famille Borgia a réellement existé, tout comme César dont Machiavel se serait inspiré. On notera d'ailleurs que les personnages féminins sont plutôt rares (hormis Lucrecia et la mère de César, ainsi que Sanchia), ce qui n'est guère étonnant puisque ce n'est pas comme si elles pouvaient tenir un rôle crucial dans la société à l'époque (enfin si... Pour les mariages arrangés et les alliances entre famille, comme le montre le manga, d'une façon bien entendu dramatique).
A côté de l'intrigue historique sont insérés des élèments de fantastique. Le père de César a conclu un pacte avec des démons pour devenir Pape. César, en échange, est possédé par ceux-ci et est en lutte perpétuel avec sa nature démoniaque. Mégalomane et presque sans coeur, il ne retrouve un peu de douceur qu'auprès de Chiaro, sa mère et sa soeur, Lucrecia. Sa grande ambition est d'unifier les royaumes d'Italie sous une seule bannière et, au fil des volumes, cédant à son côté maléfique, il sera prêt à tout pour y parvenir, même à manipuler ceux qu'il aimait autrefois.
César n'est donc pas un héros "gentil", il est au contraire cruel et presque fou. Un peu comme Ludwig dans Ludwig II... Il a aussi des penchants pour Chiaro, penchants qu'il n'avouera que tardivement. Comme Ludwig mais en pire. Là où Ludwig se réfugiait dans l'art, l'imaginaire et sa folie pour fuir ses responsabilités de roi et la guerre, César est avide de pouvoir et de conquêtes. Rien ne semble pouvoir réfreiner ses ambitions.
Bref, You Higuri nous démontre encore une fois son talent pour construire des histoires sombres autour de personnages plutôt atypiques, avec parfois un fond historique, nous surprendre aussi par des évènements innatendus (au point que l'on se sente frustré à la fin d'un volume, car l'on s'inquiète du devenir des héros). Si Seimaden était d'un niveau aléatoire et Ludwig II trop court, Cantarella est presque parfait, tant au niveau du scénario que de la narration ou du dessin. Bien entendu, si les histoires de conflits entre royaumes d'Italie et pays étrangers vous font royablement chi..., si vous n'aimez pas les héros torturés, si les romances tragiques vous font fuir, il est certain que cela ne vous interessera pas.
Mais Cantarella est malgré tout loin d'être un mauvais manga (on peut ne pas aimer mais il faut être de mauvaise foi pour prétendre le contraire). Les mises en page sont claires, à quelques exceptions près, les personnages sont détaillés, les décors aussi (contrairement à nombre de Shôjo épurés à ce niveau, You Higuri n'hésite pas, comme dans Ludwig, à dessiner des décors, parfois sobre, parfois fastueux).
J'aurai bien du mal à vous en dire plus sur Cantarella sans vous révéler des éléments importants de l'intrigue, alors je vous conseille d'acheter le volume 1, ou de le feuilleter dans une librairie si vous n'êtes pas sûr(e)s de votre achat.
Toutefois, ce manga étant à la limite du Yaoi et comportant aussi des allusions à l'inceste (mais rien de scandaleux non plus, il n'y a pas acte), il n'est peut-être pas adressé aux plus jeunes ou à ceux que ces choses gênent.
Pour terminer, j'aurai aimé vous mettre des images mais celles que j'ai trouvé sont de mauvaises qualités et ne mettent pas en valeur le trait de Higuri (et parce que ce midi j'ai un peu la flemme de chercher). Mais en faisant une recherche sur google, vous devriez trouver facilement des artwork de ses autres manga.

05.04.2006

L'infirmerie après les cours

Derrière ce mystérieux titre se cache un Shôjo manga prometteur et original de Setona Mizushiro (X Day).

Résumé : Pour tout le monde dans son lycée, Mashiro est un garçon mignon que certaines souhaiteraient bien s'accaparer. Pourtant, Mashiro garde un lourd secret. Elle est une fille mais refuse de se comporter comme tel, au point de porter l'uniforme des garçons et de tromper son monde sur son sexe. Comme elle le dit elle-même "le haut de mon corps est celui d'un garçon mais le bas est celui d'une fille".

Après avoir perdu face à So, l'un de ses camarades, lors d'un tournois, Mashiro décide de quitter le club de Kendo, car pensant que cet échec prouve que tous ses efforts pour être un homme ont échoué.

C'est alors qu'elle fait la rencontre d'une étrange infirmière qui l'emmène dans les sous sol de l'école. L'infirmerie qui s'y trouve n'est pas une infirmerie comme les autres. Là bas, les élèves s'endorment et font des rêves en commun, où ils se révèlent sous leur vrai nature et doivent s'affronter les uns, les autres, mais aussi surmonter leurs angoisses. Ce n'est qu'en parvenant à résoudre leurs problèmes et en trouvant "la clef des rêves" qu'ils pourront alors quitter le lycée. Si Mashiro parvient à surmonter ses problèmes, il pourra obtenir un corps de garçon... Ou s'affirmer en tant que fille. Car comme le dit l'infirmière, un vrai garçon ne chercherait pas à démontrer constamment sa virilité, comme le fait Mashiro.

Mashiro fait dans cette étrange infirmerie la rencontre de Kureha, une jeune fille fragilisée par un drame passé. Mashiro s'attache à cette jeune fille qui accepte sa dualité et souhaite la protéger. Mais So convoite lui aussi Mashiro et voit d'un mauvais oeil cet amour.

Avis : Pour ce premier volume, Setona Mizushiro fait fort. Malgré son titre étrange, L'infirmerie après les cours n'a rien d'un Shôjo manga "politiquement correct", où l'héroïne tombe dans les bras du premier bisho ténèbreux du coin ou montrant un triangle amoureux on ne peut plus banal. Si Mashiro n'est pas totalement insensible au charme de So, force est d'admettre que ce dernier n'a rien d'un doux romantique. Il couche avec toutes les filles qu'ils croisent et son comportement brusque n'est guère rassurant. A côté de cela, il y a la douce Kureha (du moins douce la plupart du temps), ayant subi un viol dans son enfance et restée traumatisée par celui-ci. Au cours du Rêve, l'apparence de la jeune fille devient effrayante et elle tente de "tuer" Mashiro lors de leur première rencontre. Mais, selon ses propres dires, Mashiro est le seul garçon qu'elle puisse aimer et dès le premier volume, tout deux commencent à sortir ensemble.
Mais Mashiro et Kureha ne sont pas les seules personnes portant des blessures, à participer aux étranges épreuves oniriques se déroulant dans l'infirmerie. Hormis celle de Mashiro, qui se contente de revêtir un unirforme féminin dans ceux-ci, leur apparence est altérée. Une autre jeune fille, au sein du rêve, n'a que deux trous sanglants à la place du visage et du la poitrine, car elle ne parvient plus à trouver son identité, diluée au fil de ses efforts pour intégrer une prestigieuse université. Un autre élève n'est qu'un long bras monstrueux. Enfin, il y a ce chevalier noir, très violent. Mashiro l'identifie à So mais est ce vraiment lui ?
Les Rêves révélent ce que sont réellement les gens. Et s'ils se laissent dominés par leurs angoisses, ils perdent la partie.
On ne peut espèrer que du bon de ce nouveau manga de Setona, en priant pour qu'elle ne tombe pas dans le prévisible "Shôjoesque" en amenant Mashiro à choisir So et une existence en tant que femme (ce qui, de plus, détruirait plutôt la complexité du personnage). Le couple qui se dessine entre Mashiro et Kureha semble plus interessant, du fait que l'héroïne soit amenée à jouer le rôle de chevalier protecteur, tant bien que mal. Ceci dit, dans le cas d'un couple So/Mashiro, j'espère que la mangaka saura nous surprendre, le personnage de So étant lui aussi interessant.
Ce manga plaira aussi aux amateurs de couples "hors norme", qui en ont assez de retrouver les mêmes schéma dans les Shôjo. Toutefois, le manga est plutôt torturé, donc si vous n'aimez que les histoires légères, passez votre chemin.

27.01.2006

Louie The Rune Soldier (Mahou Senshi Riui)

Pour entamer cette section, j'avais envie de parler d'une série anime que j'apprécie tout particulièrement et qui est né du cerveau de Ryô Mizuno, créateur de Lodoss. A la base, il s'agit d'une série de romans, adapté en manga et en anime. Comme Lodoss, Louie The Rune Soldier est une série de fantasy reprenant les canons occidentaux, si je puis dire. Tout ça fait très Donjon et Dragon (l'une des sources d'inspiration pour Lodoss d'ailleurs). Il me semble aussi que Louie The Rune Soldier se déroule sur le continent de Alecrast, déjà dévoilé dans la série Lodoss, mais n'ayant pas lu les livres (en japonais) et la série TV ne donnant pas d'info sur un possible lien entre les deux séries... Je n'en sais rien. Toutefois, les elfes de Louie The Rune Soldier sont très semblables à ceux de Lodoss dans leurs coûtumes et leurs pouvoirs.

Mais là où Lodoss était une série sérieuse (hormis les épisodes parodiques que la série TV, le chevalier héroïque), Louie Rune Soldier est un cocktail de bonne humeur où le sérieux est rare.

Louie, le héros, est censé être un mage, qui plus est le fils du vénéré directeur de l'école de magie. Manque de bol, Louie est surtout une calamité lorsqu'il s'agit d'incanter un sortilège et il use souvent de son bâton de mage comme massue. En plus de cela, il est buveur, bagarreur et doué d'un esprit quelque peu grivois.
Les choses se compliquent lorsque que trois aventurières se mettent en quête d'une quatrième membre pour leur équipe. Une magicienne. Ce qui devait arriver arriva. Seul Louie l'incapable était disponible pour mener des chasses au trésor. Autant dire que le tempérament de l'apprenti magicien raté ne colle guère avec celui de la voleuse Mirelle, la prêtresse Melissa et la guerrière Genie...

L'un des défauts majeurs de la série est de présenter une série d'épisode quasiment sans lien entre eux, si ce n'est sur la fin. Cela pourra agacer ceux qui recherchent un scénario proche de Lodoss mais plaira à ceux qui ont juste envie de se distraire. L'animation de la série est honnête, sans être transcendante (l'anime date de 2001). Elle a été réalisée par le studio JC Staff (Excel Saga, Loveless récemment). Les musiques sont correctes, hormis le générique de début hideux et le générique de fin très spécial, qui ne plaira pas à tous. Les personnages ont quant à eux des caractères bien trempés. Certains gag sont parfois un peu grivois (Louie est tout de même un pervers) mais rien de dramatique ou de choquant (ce n'est pas du ecchi...), ce qui fait que la série est visionnable par tous.

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